Isolation sur placo : techniques, épaisseurs et performances thermiques
Rajouter de l’isolation sur une cloison ou un plafond en placo existant est une situation fréquente dans les rénovations : le mur est déjà revêtu de plaques de plâtre mais l’isolation est insuffisante ou absente, et on cherche à améliorer les performances thermiques sans tout démonter. Plusieurs techniques sont possibles, chacune avec ses compromis entre performance, coût et perte d’espace.
Évaluer la situation existante
Avant d’intervenir, il est utile de savoir ce qu’il y a derrière le placo existant. Frappez légèrement sur la cloison : un son creux indique généralement un vide entre le placo et la paroi support (technique courante avec rail et montant). Un son plein suggère un placo collé directement sur le mur ou une cloison de doublage avec un isolant déjà présent.
Si le placo est fixé sur ossature métallique avec un vide d’air derrière, l’isolant a pu être omis lors de la construction ou s’est dégradé. Dans ce cas, selon l’accessibilité (présence de prises électriques, dimension des espaces), il peut être possible d’injecter un isolant en vrac (ouate de cellulose ou laine minérale projetée) dans les cavités sans tout démonter.
Option 1 : le complexe isolant collé directement sur le placo
La technique la plus simple et la moins destructive est de coller un panneau isolant composite directement sur le placo existant. Ces panneaux, appelés complexes isolants, associent une couche d’isolant (polystyrène expansé, mousse polyuréthane, ou laine de roche selon les marques) à une plaque de plâtre de finition en face avant.
La mise en oeuvre se fait à la colle à plâtre ou à l’adhésif spécial, appliqués en plots et en cordon périmétrique sur le placo existant. Cette technique est rapide, ne génère pas de poussière de ciment et peut être réalisée par un bricoleur motivé.
La contrainte principale est la perte de surface utile : un complexe isolant de 100 mm (performance thermique raisonnable) empiète de 10 centimètres sur la surface de la pièce de chaque côté. Dans une petite chambre, cela peut représenter plusieurs dizaines de centimètres perdus sur la largeur totale.
Les performances thermiques dépendent de l’épaisseur et du matériau isolant. À titre indicatif, 40 mm de polyuréthane offre une résistance thermique d’environ R = 1,8 m².K/W, comparable à 80 mm de polystyrène expansé.
Option 2 : le contre-doublage sur ossature
Si vous souhaitez une performance plus importante sans coller directement sur le placo existant, la création d’une contre-ossature métallique devant le placo permet d’intégrer un isolant plus épais entre les montants.
Des rails horizontaux et des montants verticaux (profils standard 48 mm ou 72 mm) sont fixés devant le placo existant. L’isolant (laine de verre ou laine de roche en rouleaux ou en panneaux semi-rigides) est glissé entre les montants. Une nouvelle plaque de plâtre est ensuite vissée sur l’ossature.
Cette technique offre de meilleures performances thermiques (un montant de 72 mm permet d’intégrer 70 mm d’isolant, soit R = 2,2 pour de la laine de verre) et permet de passer les réseaux électriques dans l’ossature. Elle demande cependant plus de travail et de temps, et engendre une perte de surface un peu plus importante qu’avec un complexe mince.
Option 3 : l’isolation par l’extérieur
Si l’isolement insuffisant concerne un mur extérieur, l’isolation thermique par l’extérieur (ITE) résout le problème sans aucune perte de surface intérieure. C’est techniquement la meilleure solution pour les murs porteurs et façades, mais aussi la plus coûteuse et la plus structurante (ravalement complet).
Traitement des ponts thermiques et étanchéité à l’air
Quel que soit le système choisi, les jonctions entre les panneaux isolants et les encadrements (fenêtres, portes, angles) doivent être soignées. Les joints et raccords sont les zones où les ponts thermiques résidus et les infiltrations d’air sont les plus fréquents.
Un ruban adhésif d’étanchéité à l’air placé à la jonction entre les panneaux et les tableaux de fenêtres améliore significativement les performances réelles par rapport aux performances théoriques des matériaux.
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