Abri de jardin : quelles règles avant de le construire ?
Abri de jardin : quelles règles avant de le construire ?
Un abri de jardin en kit se monte parfois en un week-end, ce qui laisse penser qu’aucune formalité n’est nécessaire avant de le poser. Ce n’est vrai que dans certains cas. La surface de l’abri, sa hauteur et parfois son emplacement déterminent s’il peut être construit librement, s’il faut une déclaration préalable, ou plus rarement un permis de construire.
La surface au sol, premier critère à vérifier
Pour un abri de jardin, la règle générale s’appuie sur trois seuils de surface, appliqués à l’emprise au sol de la construction.
En dessous de 5 m², aucune formalité n’est en principe exigée, quelle que soit la commune. Entre 5 et 20 m², une déclaration préalable est en général requise. Au-delà de 20 m², le projet peut basculer vers le permis de construire, notamment si la surface de plancher créée dépasse également ce seuil, un cas qui se rapproche de celui d’une extension de maison.
Ce seuil de 20 m² peut être abaissé à 40 m² dans certaines zones urbaines couvertes par un plan local d’urbanisme, à condition que la surface totale de la construction, abri compris, ne dépasse pas 150 m². Ce cas concerne surtout les grands abris ou ateliers de jardin, moins les cabanons classiques.
La hauteur compte aussi
Au-delà de la surface, la hauteur de l’abri entre en jeu. Un abri dont la hauteur dépasse 12 mètres change de régime, mais ce cas reste exceptionnel pour ce type de construction. En pratique, c’est surtout la hauteur au faîtage qui peut être encadrée par le règlement local d’urbanisme, indépendamment des seuils nationaux liés à la surface.
Certaines communes limitent la hauteur des abris à 2,50 ou 3 mètres dans les zones pavillonnaires, pour préserver la vue ou l’ensoleillement des parcelles voisines. Ce point ne figure pas dans les seuils nationaux et ne se vérifie qu’auprès du service urbanisme de la commune.
La distance avec les limites de propriété
Le code de l’urbanisme ne fixe pas de distance minimale nationale entre un abri de jardin et la limite séparative, contrairement à ce que pensent beaucoup de propriétaires. C’est le règlement local d’urbanisme qui, selon la commune et la zone, impose ou non un recul.
Le code civil, lui, prévoit une distance minimale de 2 mètres pour toute construction comportant une vue directe sur le terrain voisin, ou de 0,60 mètre pour un jour de souffrance. Un abri de jardin fermé, sans ouverture donnant sur la propriété voisine, échappe généralement à cette contrainte, mais mieux vaut vérifier la configuration exacte avant de couler une dalle.
Les abris démontables et les serres, un régime parfois différent
Une serre de jardin suit les mêmes seuils de surface qu’un abri classique, sauf si sa hauteur reste inférieure à 1,80 mètre, auquel cas elle peut être dispensée de formalité même au-delà de 5 m², selon les communes. Un abri entièrement démontable, sans fondation, reste soumis aux mêmes règles qu’une construction fixe dès lors qu’il est installé plus de trois mois par an, un principe proche de celui qui s’applique aux piscines hors-sol.
Ce que change un secteur protégé
En secteur protégé, à proximité d’un monument historique ou dans un site classé, les dispenses de formalité tombent souvent, y compris pour un abri de moins de 5 m² normalement libre de toute démarche. L’avis de l’Architecte des Bâtiments de France peut alors s’ajouter à l’instruction du dossier, avec un délai d’instruction porté à deux mois au lieu d’un.
Le règlement local d’urbanisme peut également imposer un aspect extérieur particulier dans ces secteurs : matériau de la toiture, couleur du bardage, ou interdiction de certains modèles en kit trop standardisés visuellement.
Le dossier à préparer pour une déclaration préalable
Le dossier comprend généralement un plan de situation du terrain, un plan de masse indiquant l’implantation de l’abri par rapport aux limites de propriété et aux constructions existantes, ainsi qu’une notice décrivant les matériaux et l’aspect extérieur du projet. Ces pièces rejoignent celles utilisées pour constituer un dossier de déclaration préalable pour d’autres projets extérieurs comme une pergola ou une terrasse couverte.
Le délai d’instruction est d’un mois dans la plupart des cas, porté à deux mois en secteur protégé ou lorsque l’avis d’un service extérieur est requis.
Les erreurs qui reviennent souvent
La confusion la plus fréquente consiste à croire qu’un abri en kit vendu en jardinerie échappe automatiquement à toute formalité parce qu’il n’est pas maçonné. La nature démontable ou légère du matériau n’entre pas en compte dans le calcul des seuils : seule la surface au sol et, parfois, la hauteur déterminent la formalité applicable.
Une autre erreur consiste à additionner plusieurs petites constructions existantes sur la parcelle, comme un premier abri déjà installé, sans les comptabiliser dans le calcul de la surface totale. Un service urbanisme peut refuser une déclaration si la somme des surfaces déjà bâties et du nouvel abri dépasse le seuil applicable à la zone.
Anticiper avant de commander l’abri
Vérifier la formalité applicable avant d’acheter l’abri, plutôt qu’après, évite d’avoir à modifier un projet déjà commandé si la surface ou la hauteur ne correspond pas à ce que la commune autorise sans démarche. Pour un projet plus large qui associerait un abri à un aménagement extérieur couvert, il est utile de raisonner sur l’ensemble du projet plutôt que sur chaque construction séparément, car les surfaces peuvent se cumuler dans le calcul final.
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