Taille sévère d'un olivier : quand et comment s'y prendre ?
L’olivier est l’un des arbres les plus résistants et les plus longévifs que l’on puisse cultiver dans les régions tempérées à chaudes. Sa robustesse légendaire tient notamment à sa capacité à rejeter vigoureusement après une taille sévère, même quand il semble presque mort. Mais cette opération radicale, nécessaire pour rajeunir un arbre vieilli, densifier un sujet trop élancé ou récupérer un olivier longtemps laissé à l’abandon, demande quelques précautions pour que la reprise se passe dans les meilleures conditions.
Pourquoi tailler sévèrement un olivier ?
Un olivier non taillé pendant plusieurs années adopte une croissance en hauteur au détriment de la ramification. Le résultat est un arbre élevé avec un feuillage concentré en haut des branches, difficilement accessible pour l’entretien et la récolte des olives si c’est votre objectif. La densité de feuillage à l’intérieur du houppier diminue, la lumière n’y pénètre plus et les rameaux producteurs de fleurs et de fruits se raréfient.
La taille sévère répond à deux objectifs principaux : abaisser la hauteur de l’arbre pour le rendre plus compact et plus accessible, et stimuler l’émission de nouveaux rameaux vigoureux qui porteront les prochaines récoltes.
La meilleure période pour tailler
L’olivier est sensible au gel, surtout sur les coupes fraîches. La règle de base est de ne jamais tailler avant les dernières gelées de la saison. En France, cela signifie attendre la mi-avril dans la plupart des régions, et mai dans les zones à gel tardif (intérieur du Massif Central, est de la France).
La fenêtre idéale se situe entre mi-avril et fin juin. Une taille réalisée en mai donne à l’arbre tout l’été pour cicatriser et développer ses nouveaux rameaux avant l’hiver suivant.
Évitez absolument de tailler en août et septembre, juste avant ou pendant la formation des olives : vous perdriez la récolte et affaibliriez l’arbre au moment où il a besoin de toutes ses ressources.
Les outils nécessaires
La qualité des outils conditionne la santé de l’arbre. Des coupes nettes cicatrisent beaucoup plus vite que des coupes déchirées ou écrasées.
Pour les rameaux fins (jusqu’à 2 cm de diamètre), un sécateur bien affilé suffit. Pour les branches moyennes (2 à 5 cm), utilisez un sécateur à long manche ou une scie à main fine à lame japonaise. Pour les grosses branches (au-delà de 5 cm), la scie égoïne ou la scie sur perche est indispensable. Une tronçonneuse peut être utilisée pour les branches très épaisses sur les très vieux oliviers, mais demande plus de maîtrise pour réaliser des coupes propres.
Désinfectez les lames entre les arbres (alcool à 70 % ou eau de javel diluée) pour éviter la propagation des maladies fongiques.
La technique de coupe pour une taille sévère
Commencez par visualiser la forme finale souhaitée avant de couper quoi que ce soit. Une taille sévère irréfléchie est très difficile à corriger.
Pour abaisser significativement la hauteur d’un olivier, coupez les branches charpentières principales à l’endroit souhaité, en cherchant à couper juste au-dessus d’une ramification secondaire ou d’un bourgeon visible. Cette ramification ou ce bourgeon deviendra le nouveau départ de la branche et guidera la repousse dans la direction souhaitée.
Les coupes doivent être légèrement inclinées (30 à 45 degrés) pour éviter la stagnation de l’eau sur la plaie. Les coupes de plus de 5 centimètres de diamètre doivent être immédiatement protégées avec un mastic de taille ou un produit cicatrisant du commerce.
Après la taille : soins et suivi
Après une taille sévère, l’olivier a besoin d’un apport nutritif pour soutenir sa reprise. Un épandage d’engrais organique (compost, fumier décomposé, granulés d’engrais spécial oliviers) autour du pied en mai ou juin, suivi d’un arrosage copieux si le temps est sec, favorise l’émission rapide des nouveaux rameaux.
Au cours des semaines suivantes, de nombreux rejets vont apparaître sur le tronc et les branches taillées. Retirez les rejets qui partent de la base (gourmands) et ceux qui poussent vers l’intérieur de la couronne. Conservez les rejets bien placés, orientés vers l’extérieur, qui formeront la nouvelle architecture de l’arbre.
La première repousse après une taille sévère est toujours vigoureuse. Ne retaillez pas ces nouvelles pousses la première année : laissez l’arbre reconstituer son volume foliaire avant d’intervenir à nouveau.
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