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Panneaux solaires au sol dans le jardin : quelles formalités ?

2a Architecte
· 4 min de lecture
jardin travaux
Panneaux solaires installés au sol dans un jardin

Panneaux solaires au sol dans le jardin : quelles formalités ?

Poser des panneaux photovoltaïques directement au sol, plutôt que sur la toiture, séduit de plus en plus de propriétaires qui veulent éviter une intervention sur une couverture ancienne ou orienter librement les modules sans dépendre de la pente du toit. Le régime d’autorisation qui s’applique n’est cependant pas le même que pour une installation en toiture, et il dépend surtout de deux critères simples à retenir : la puissance de l’installation et sa hauteur au-dessus du sol.

Le seuil qui dispense de toute formalité

En dehors des secteurs protégés, une installation solaire au sol dont la puissance ne dépasse pas 3 kilowatts-crête et dont la hauteur reste inférieure ou égale à 1,80 mètre est en général dispensée de toute déclaration au titre du code de l’urbanisme. Cela correspond à ce que produisent la plupart des petites installations d’appoint pour une résidence individuelle, souvent quelques panneaux inclinés sur un support bas au fond du jardin.

Ce seuil de puissance reste modeste comparé à une installation en toiture couvrant l’ensemble des besoins d’un logement. Beaucoup de propriétaires qui visent une autoconsommation plus complète dépassent rapidement ces 3 kWc, ce qui fait basculer le projet dans un régime déclaratif.

Déclaration préalable au-delà de ce seuil

Une installation dont la puissance se situe entre 3 kWc et 1000 kWc, ou dont la hauteur dépasse 1,80 mètre, relève en général d’une déclaration préalable. Le dossier reste proche de celui utilisé pour d’autres projets de faible ampleur soumis à cette formalité : plan de situation, plan de masse indiquant l’implantation exacte des panneaux par rapport aux limites de propriété, et une description de l’aspect extérieur du dispositif.

Le délai d’instruction habituel d’un mois peut être porté à deux mois lorsque l’avis d’un service extérieur est nécessaire, en particulier si le terrain se situe dans un périmètre protégé.

Secteurs protégés : une vigilance particulière

Aux abords d’un monument historique, dans un site patrimonial remarquable ou un site inscrit ou classé, une installation solaire au sol peut être soumise à déclaration préalable même en dessous des seuils habituels, et l’avis de l’Architecte des Bâtiments de France s’impose alors dans l’instruction du dossier. Ce point rejoint ce qui a déjà été évoqué pour d’autres constructions ou aménagements de jardin situés dans un secteur soumis à l’avis de l’ABF, où les seuils de dispense habituels ne s’appliquent plus de la même façon.

Une implantation qui reste soumise au PLU

Même en dessous des seuils de formalité, l’implantation des panneaux reste encadrée par le règlement local d’urbanisme sur certains points : distance par rapport aux limites de propriété, hauteur maximale autorisée pour ce type d’installation, parfois orientation ou réflexion sur l’impact visuel depuis la voie publique. Une commune peut aussi avoir prévu des règles spécifiques pour les installations photovoltaïques au sol dans son PLU, notamment en zone agricole ou naturelle où ce type d’aménagement peut être plus strictement encadré qu’en zone urbaine.

Contrairement à une pergola ou un abri de jardin, une installation solaire au sol n’entre en général pas dans le calcul de l’emprise au sol dès lors qu’elle n’est pas fermée et ne crée pas de surface de plancher, mais cette appréciation peut varier selon la structure du support utilisé. Ce point la distingue de la logique appliquée à une pergola couverte ou une terrasse construite, où la notion de surface fermée entre davantage en jeu.

Puissance au-delà de 1000 kWc

Au-delà de 1000 kWc, un permis de construire devient nécessaire. Ce seuil concerne surtout des installations de grande ampleur, largement au-dessus de ce qu’un particulier installe pour ses besoins domestiques, et vise plutôt des projets à vocation de production destinée à la revente.

Ce qu’il faut vérifier avant de se lancer

Avant de commander du matériel, il est utile de vérifier auprès du service urbanisme de la commune si un règlement local vient compléter ou durcir les règles nationales, en particulier sur la hauteur ou la distance aux limites séparatives. Comme pour un abri de jardin ou une autre construction basse, une installation posée sans vérification préalable expose à devoir la déplacer ou à régulariser un dossier après coup, ce qui coûte souvent plus cher que de se renseigner en amont.

Que faire en cas de doute ?

Le service urbanisme reste l’interlocuteur le plus fiable pour confirmer le régime applicable à un projet précis, en particulier lorsque la puissance envisagée se situe proche d’un des seuils évoqués ou lorsque le terrain se trouve à proximité d’un site protégé. Un installateur photovoltaïque expérimenté peut aussi orienter sur la faisabilité technique, mais la vérification de la formalité d’urbanisme reste une démarche à part, à ne pas déléguer entièrement.

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