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Allée ou parking extérieur : ce que change l'imperméabilisation du sol

2a Architecte
· 4 min de lecture
jardin travaux
Allée de jardin bordée de végétation menant à une maison

Allée ou parking extérieur : ce que change l’imperméabilisation du sol

Goudronner une allée ou stabiliser une portion de jardin pour y garer une seconde voiture semble a priori un chantier mineur, sans lien avec les règles d’urbanisme habituelles. C’est une erreur fréquente. Le sol d’un jardin fait partie du calcul de perméabilité de la parcelle, et certaines communes encadrent ce type d’aménagement plus strictement qu’on ne l’imagine.

Pourquoi le sol imperméabilisé pose question

Un jardin en pleine terre absorbe une partie de l’eau de pluie, qui s’infiltre progressivement au lieu de ruisseler. Une surface bétonnée, bitumée ou recouverte de dalles jointoyées empêche cette infiltration : l’eau ruisselle vers les points bas, vers la rue ou vers les parcelles voisines. Sur une commune où plusieurs parcelles imperméabilisent leur jardin en même temps, l’effet cumulé peut saturer les réseaux d’eaux pluviales, surtout lors d’épisodes orageux.

C’est pour cette raison que de nombreux plans locaux d’urbanisme fixent un coefficient de pleine terre ou un coefficient d’imperméabilisation maximal par parcelle, en plus des règles habituelles sur l’emprise au sol des constructions. Ce coefficient s’applique aussi aux surfaces qui ne sont pas des bâtiments : allées, terrasses, aires de stationnement.

Faut-il une déclaration préalable ?

La réponse dépend surtout de la nature exacte de l’aménagement. Une allée piétonne engazonnée avec des dalles alvéolées perméables échappe en général à toute formalité, car elle ne modifie pas significativement l’écoulement des eaux. Une aire de stationnement bétonnée ou bitumée, en revanche, peut être soumise à déclaration préalable si sa surface dépasse un seuil fixé par le règlement local, ou si elle s’accompagne d’une clôture ou d’un accès modifié sur la voie publique.

Le raccordement à la voirie mérite une vigilance particulière. Créer ou élargir un accès carrossable depuis la rue nécessite parfois une autorisation de voirie distincte de l’autorisation d’urbanisme, notamment si les travaux touchent un trottoir, un fossé ou une bordure appartenant au domaine public. Ce point se vérifie directement auprès du service voirie de la commune, pas seulement du service urbanisme.

Les matériaux qui limitent l’imperméabilisation

Plusieurs solutions permettent de créer une surface carrossable tout en conservant une part de perméabilité. Les dalles alvéolées engazonnées ou gravillonnées supportent le poids d’un véhicule tout en laissant l’eau s’infiltrer entre les alvéoles. Les graviers stabilisés sur géotextile offrent un compromis correct entre stabilité et perméabilité, avec un entretien un peu plus régulier pour éviter que les mauvaises herbes ne s’installent.

Le béton drainant, moins courant sur des projets de particuliers en raison de son coût, laisse passer l’eau à travers sa structure poreuse tout en offrant une résistance proche d’un béton classique. À l’inverse, l’enrobé bitumineux classique et le béton plein restent les solutions les moins perméables, et donc les plus souvent concernées par les seuils réglementaires quand la surface dépasse quelques dizaines de mètres carrés.

Le cas des parcelles en pente

Sur un terrain en pente, l’imperméabilisation d’une allée ou d’un parking amplifie le ruissellement vers le point bas de la parcelle, parfois vers une maison voisine construite en contrebas. Ce type de situation rejoint les enjeux déjà présents sur un terrain en pente avant construction : la gestion de l’eau doit être anticipée dès la conception de l’aménagement, pas corrigée après coup si un voisin constate des infiltrations dans son sous-sol.

Une noue paysagère, un puisard ou une simple bande enherbée en contrebas de l’allée peuvent suffire à tamponner le ruissellement supplémentaire sur une petite surface. Pour des projets plus importants, certaines communes exigent la mise en place d’un dispositif de rétention dimensionné, avec un débit de fuite limité vers le réseau public.

Un aménagement à ne pas isoler du reste du projet

Si l’allée ou le parking accompagne un projet plus large, extension, garage ou studio de jardin habitable, il est plus efficace de raisonner sur l’ensemble des surfaces imperméabilisées de la parcelle plutôt que de traiter chaque élément séparément. Un service urbanisme additionne généralement les surfaces bâties et les surfaces imperméabilisées existantes avant d’évaluer la marge encore disponible sur la parcelle, un principe proche de celui qui s’applique au calcul de la taxe d’aménagement sur une extension.

Vérifier avant de commander les matériaux

Avant de commander du béton ou de faire intervenir une entreprise de terrassement, un appel au service urbanisme de la commune permet de connaître le coefficient de pleine terre applicable à la zone, ainsi que les éventuelles exigences en matière de gestion des eaux pluviales à la parcelle. Ces règles varient sensiblement d’un PLU à l’autre, et une allée jugée anodine dans une commune peut nécessiter une déclaration préalable ailleurs.

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