Piège à moustiques : comment choisir et utiliser efficacement ?
La prolifération du moustique tigre (Aedes albopictus) dans la moitié sud de la France et son avancée progressive vers le nord ont considérablement amplifié le marché des pièges à moustiques. Moins agressifs que les insecticides chimiques et plus durables que les répulsifs personnels, ces dispositifs de capture suscitent beaucoup d’intérêt, mais aussi beaucoup de questions sur leur efficacité réelle et leurs limites.
Les différentes technologies de pièges
Les pièges à CO2
Ces appareils imitent les principales sources attractives pour les moustiques femelles (qui sont les seules à piquer, car elles ont besoin de sang pour la maturation de leurs oeufs). La femelle moustique localise ses cibles grâce au dioxyde de carbone expiré, à la chaleur corporelle et à certaines molécules odorantes.
Les pièges à CO2 produisent du gaz carbonique (par combustion de propane ou par réaction chimique) et y ajoutent souvent de la chaleur et des attractants olfactifs pour maximiser l’attraction. Les moustiques attirés sont aspirés par un ventilateur dans un filet ou un réservoir où ils meurent par déshydratation.
Ces pièges sont parmi les plus efficaces pour la capture massive dans un espace ouvert, mais aussi les plus coûteux (300 à 700 euros pour les modèles efficaces, plus le consommable en CO2 ou propane).
Les pièges biologiques à Bacillus thuringiensis israelensis
Le BTi est une bactérie naturelle qui se développe dans l’eau et produit une toxine létale pour les larves de moustiques, sans aucun effet sur les autres insectes (abeilles, papillons, auxiliaires du jardin), les poissons, les amphibiens ou les mammifères.
Des dispositifs à BTi sont installés dans les zones de reproduction des moustiques (soucoupes de pots, bassins peu profonds, réservoirs d’eau de pluie, gouttières). Ces dispositifs diffusent lentement la bactérie dans l’eau stagnante et empêchent le développement des larves.
Cette approche cible les moustiques avant qu’ils ne soient adultes et volants, ce qui est techniquement la méthode la plus efficace sur le long terme. Plusieurs collectivités françaises l’utilisent pour le contrôle du moustique tigre en milieu urbain.
Les pièges à lumière UV
Les pièges à lumière ultraviolette, très répandus dans les jardineries, attirent les insectes grâce à leur émission lumineuse et les tuent par électrocution ou les capturent dans un réservoir. Leur efficacité contre les moustiques est cependant très limitée.
Les moustiques sont peu attirés par la lumière UV par rapport à d’autres insectes (papillons de nuit, coléoptères, mouches). Des études ont montré que les pièges UV capturent surtout des espèces sans intérêt particulier du point de vue de la nuisance, voire des insectes utiles. Pour les moustiques spécifiquement, leur efficacité est très inférieure aux pièges à CO2 ou aux méthodes biologiques.
La stratégie la plus efficace : supprimer les gîtes larvaires
Avant d’investir dans un piège, la mesure la plus efficace est de supprimer ou traiter tous les gîtes de reproduction dans et autour de la propriété. Un seul pot de fleurs avec une soucoupe contenant un centimètre d’eau peut produire des centaines de moustiques par semaine.
Le contrôle consiste à vider ou couvrir toutes les pièces d’eau stagnante : soucoupes de pots, vases extérieurs, tonneaux de récupération d’eau de pluie (à équiper d’une moustiquaire fine sur l’ouverture), réserves d’arrosage, jouets d’enfants oubliés dans le jardin, bâches creuses, gouttières mal drainées.
Cette approche préventive, combinée à un traitement BTi des eaux stagnantes difficiles à éliminer (bassins ornementaux, mare), est statistiquement plus efficace pour réduire les populations que n’importe quel piège à adultes.
Installation et positionnement d’un piège
Quel que soit le type de piège choisi, son positionnement détermine largement son efficacité. Les pièges doivent être placés à distance des zones de vie (terrasse, salon de jardin), pas dedans. L’objectif est d’intercepter les moustiques avant qu’ils arrivent là où vous vous trouvez, pas de les attirer vers vous.
Une distance de 10 à 20 mètres de la zone à protéger, côté d’où arrivent les moustiques (souvent côté végétation dense, haies, bois), est le positionnement recommandé par la plupart des fabricants.
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