Skip to content

Ajouter des toilettes à l'étage : évacuation, broyeur et emplacement

2a Architecte
· 6 min de lecture
decoration travaux
Palier d'étage d'une maison avec une petite pièce aménagée en toilettes

Ajouter des toilettes à l’étage : évacuation, broyeur et emplacement

Dans beaucoup de maisons des années 1950 à 1980, et plus encore dans les maisons anciennes, les seules toilettes sont au rez-de-chaussée. Quand les chambres sont à l’étage, la descente nocturne finit par peser, surtout avec de jeunes enfants ou des parents âgés. L’idée d’un second WC revient donc souvent au moment d’une rénovation.

La place nécessaire est modeste. Ce qui décide vraiment de la faisabilité, et du budget, c’est le chemin que prendront les eaux usées pour rejoindre le réseau.

Commencer par chercher la descente existante

Un WC rejette des matières qui s’évacuent mal dans un tuyau étroit ou trop peu pentu. On l’équipe en général d’une évacuation de 100 mm de diamètre, avec une pente régulière de l’ordre de 1 à 3 cm par mètre jusqu’à la chute verticale. Plus le WC est loin de cette chute, plus la longueur horizontale à faire passer dans le plancher augmente.

La bonne question est donc : où passe aujourd’hui la descente des eaux usées ? Si une salle de bain existe déjà à l’étage, sa chute est souvent le point de raccordement le plus logique. Placer les toilettes contre le même mur, ou juste à côté, réduit le tuyau horizontal à quelques dizaines de centimètres. C’est la configuration la plus simple et la moins chère.

Sans aucune évacuation à l’étage, il faut créer une nouvelle chute jusqu’au rez-de-chaussée ou au sous-sol, puis la raccorder au collecteur. On la fait généralement descendre dans un angle de pièce, un placard ou une gaine coffrée. Elle traverse au passage une pièce du bas, ce qui se discute dès le départ avec tous les occupants.

Le plancher, souvent la vraie contrainte

À l’étage, le tuyau horizontal passe dans l’épaisseur du plancher ou au-dessus. Sur une dalle béton, on le pose sur la dalle puis on rehausse le sol de la petite pièce, ce qui crée parfois une marche à l’entrée. Sur un plancher bois, la tentation est de faire passer le tuyau entre les solives.

Cela fonctionne quand il suit le sens des solives. Quand il doit les croiser, il ne faut pas les entailler à la légère : une solive coupée en partie basse ou sur une bonne partie de sa hauteur perd beaucoup de sa résistance. Dans une maison ancienne, où les sections sont parfois déjà justes, cette question mérite une vérification avant de choisir l’emplacement. L’article sur l’état d’un plancher bois ancien aide à repérer les signes de faiblesse à surveiller.

Le poids des toilettes elles-mêmes ne pose en général pas de problème. C’est bien le passage des tuyaux qui doit guider l’implantation.

Le broyeur : pratique, mais sous conditions

Quand la chute est trop loin, ou que le tuyau ne trouve pas de pente suffisante, on pense au WC à broyeur. Il broie les matières et les refoule sous pression dans un tuyau de petit diamètre, qui peut parcourir plusieurs mètres et même remonter un peu. Il rend possibles des emplacements qu’une évacuation classique interdirait, sous un rampant de combles par exemple.

Il a cependant ses limites. Le règlement sanitaire départemental l’encadre dans la plupart des départements : il n’est en général toléré qu’en rénovation, et à condition que le logement dispose aussi de toilettes raccordées directement, sans broyeur. Le texte applicable se consulte auprès de la mairie ou de l’agence régionale de santé. Un broyeur comme unique WC de la maison n’est donc généralement pas une bonne idée.

Il faut aussi accepter quelques contraintes d’usage. L’appareil fait du bruit à chaque chasse. Il tombe en panne si on y jette des lingettes ou du papier inadapté. Il dépend de l’électricité. En assainissement individuel, la compatibilité avec la fosse et le dispositif de traitement est à vérifier avec l’installateur. L’article sur l’entretien d’une fosse septique rappelle ce que ces installations supportent mal.

Ventiler une pièce souvent aveugle

Une petite pièce créée sur un palier ou dans un recoin a rarement une fenêtre. Elle doit pourtant être ventilée, et une simple grille vers le couloir ne suffit pas. Si la maison est équipée d’une VMC, le plus simple est d’ajouter une bouche d’extraction dans les nouvelles toilettes, à condition que le caisson et les gaines le permettent. Sinon, un extracteur individuel raccordé vers l’extérieur est une solution courante, avec un passage de gaine à prévoir en façade ou en toiture.

C’est aussi l’occasion de vérifier que l’air entre bien ailleurs dans la maison. Une extraction de plus sans entrée d’air suffisante dans les pièces sèches fonctionne mal. Le fonctionnement d’ensemble est détaillé dans l’article sur la ventilation d’une maison ancienne.

Le bruit, qu’on oublie jusqu’à la première nuit

Des toilettes à côté d’une chambre s’entendent. Le bruit vient surtout de l’écoulement dans la chute et de la chasse d’eau. Il se transmet par les tuyaux fixés directement aux murs et aux solives.

Quelques précautions limitent la gêne : tuyaux d’évacuation acoustiques ou chute coffrée avec un isolant, colliers désolidarisés, cloison en plaques de plâtre doublée d’un isolant plutôt qu’un simple carreau de plâtre. Elles coûtent peu au moment des travaux et beaucoup plus après coup. Les principes rejoignent ceux de l’isolation phonique entre pièces.

Où trouver la place

Une pièce d’environ 0,80 m sur 1,20 m suffit pour un WC seul, un peu plus si l’on veut un lave-mains. Les emplacements qui reviennent le plus souvent :

  • un bout de couloir ou de palier fermé par une cloison légère ;
  • une partie d’un grand placard ou d’un débarras ;
  • un angle pris sur une chambre, quand celle-ci reste confortable après coup ;
  • l’intégration du WC dans la salle de bain existante, si sa surface le permet.

Cette dernière option est souvent la plus simple techniquement, mais elle ne règle pas le problème quand la salle de bain est occupée le matin. Si le projet entraîne la suppression ou le déplacement d’une cloison, il faut d’abord savoir si elle joue un rôle dans la structure : distinguer une cloison d’un mur porteur évite de mauvaises surprises.

Budget et formalités

Le prix varie surtout selon l’évacuation. Un WC raccordé à une chute voisine reste un chantier de plomberie limité. La création d’une nouvelle chute sur deux niveaux, avec ouverture de plancher, coffrage, reprise des plafonds et des peintures, coûte nettement plus cher. Le plus juste est de demander à un plombier de venir sur place avec la question précise du tracé.

Côté formalités, aménager des toilettes à l’intérieur d’une maison ne demande en général pas d’autorisation d’urbanisme. Les choses changent si le projet modifie l’aspect extérieur, avec une nouvelle fenêtre ou une sortie de ventilation visible en façade dans un secteur protégé. En copropriété, toucher aux chutes communes demande l’accord de la copropriété.

Si la salle de bain doit être refaite dans la foulée, il vaut mieux concevoir les deux chantiers ensemble, en s’appuyant sur les contraintes d’une rénovation de salle de bain. Les arrivées d’eau et les évacuations sont alors pensées une seule fois, et les plafonds du rez-de-chaussée ne sont ouverts qu’une fois.

Cet article vous a été utile ?

Découvrez tous nos autres guides et conseils sur la maison, les travaux, la déco et l'immobilier.

Dans la même thématique

Voir tous les articles →