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Entretenir une terrasse carrelée ou en pierre au fil des saisons

2a Architecte
· 7 min de lecture
entretien maison
Terrasse dallée en pierre devant une maison, avec mobilier de jardin

Entretenir une terrasse carrelée ou en pierre au fil des saisons

On pense volontiers qu’une terrasse minérale ne demande rien, contrairement à une terrasse en bois. C’est vrai en partie : pas de lasure à refaire, pas de lames à remplacer. Mais un dallage extérieur subit la pluie, le gel, les mousses et les variations de température toute l’année. Les problèmes qu’on y rencontre viennent rarement du revêtement lui-même. Ils viennent des joints, de l’eau qui ne s’évacue pas et du support qui bouge.

Savoir sur quoi l’on marche

Avant de choisir un produit ou une méthode, il faut identifier le matériau, parce que ce qui convient à l’un peut abîmer l’autre.

Le grès cérame, très courant sur les terrasses récentes, est peu poreux et résiste bien aux produits ménagers. La pierre naturelle demande plus de discernement : un granit supporte presque tout, alors qu’une pierre calcaire réagit aux acides, qui la rongent et la ternissent. Le béton, brut, désactivé ou imprimé, est poreux et retient facilement les taches de graisse. Les dalles posées sur plots ou sur lit de gravier se comportent encore différemment, puisque l’eau s’écoule entre elles au lieu de glisser en surface.

Un test simple aide en cas de doute sur une pierre : une goutte de vinaigre qui mousse indique la présence de calcaire. Dans ce cas, oubliez le vinaigre, l’acide chlorhydrique et les détartrants pour toute la suite.

Le nettoyage courant

Un balayage régulier évite que feuilles et terre ne s’accumulent dans les joints, où elles nourrissent les mousses. Pour le reste, une ou deux fois par an, un lavage à l’eau additionnée d’un savon neutre et un frottage au balai-brosse suffisent sur la plupart des revêtements.

Les taches de graisse sous un barbecue ou une table de repas s’incrustent vite dans le béton et la pierre poreuse. Plus elles sont traitées tôt, plus elles partent facilement. Un dégraissant adapté au matériau, appliqué puis rincé, donne de meilleurs résultats qu’un frottage énergique au bout de plusieurs mois.

Le nettoyeur haute pression mérite une mise en garde. Il donne un résultat spectaculaire sur le moment, mais un jet trop puissant ou trop proche creuse les joints, arrache la surface des pierres tendres et des bétons désactivés, et projette de l’eau sous les dalles mal scellées. Utilisé avec une buse rotative, à distance et en pression modérée, il peut rendre service sur un grès cérame ou un granit. Sur le reste, mieux vaut s’en passer ou demander conseil.

Mousses, lichens et traces vertes

Dans un jardin ombragé, orienté au nord ou sous des arbres, une pellicule verte apparaît souvent dès l’automne. Elle rend la terrasse glissante et finit par s’installer dans les joints.

Les produits anti-mousse vendus pour les surfaces extérieures agissent lentement, sur plusieurs semaines, et ne demandent en général pas de rinçage. Ce sont des biocides : il faut respecter les doses, éviter de les appliquer avant une pluie et ne pas les laisser ruisseler vers un bassin ou un potager. L’eau de Javel, souvent utilisée par habitude, décolore certaines pierres et laisse des auréoles sur le béton.

Si les mousses reviennent chaque année au même endroit, c’est le signe que l’eau y stagne ou que la zone ne sèche jamais. Le traitement soigne l’effet, pas la cause.

L’eau qui stagne : le vrai sujet

Une terrasse bien conçue présente une légère pente, de l’ordre de 1 à 2 %, qui éloigne l’eau de la maison. Avec le temps, un affaissement du support, un tassement du remblai ou une pose initiale approximative peuvent créer des flaques persistantes.

Ces flaques ne sont pas qu’un désagrément. L’eau qui stagne s’infiltre par les joints, gorge le support et, en hiver, gèle. En gelant, elle gonfle et soulève les carreaux, fissure les joints et finit par décoller le revêtement. L’eau peut aussi revenir vers la façade et entretenir l’humidité en pied de mur, surtout dans une maison ancienne sans drainage.

Le seuil de la porte-fenêtre mérite une attention particulière. S’il se retrouve au même niveau que la terrasse ou en contrebas, une forte pluie peut faire entrer l’eau à l’intérieur. Les descentes de gouttières qui se déversent directement sur le dallage aggravent le problème : il vaut mieux vérifier où partent les eaux pluviales et les raccorder à un regard ou les diriger vers une zone d’infiltration.

Les joints, premier point de faiblesse

Un joint de terrasse s’use plus vite que le carreau qu’il entoure. Il se creuse sous l’effet de la pluie et des nettoyages, se fissure avec le gel et laisse progressivement l’eau passer sous le revêtement.

Un joint qui s’effrite sous l’ongle ou qui a disparu sur quelques millimètres de profondeur gagne à être refait avant l’hiver. L’opération consiste à gratter l’ancien joint, nettoyer, puis remplir avec un mortier de jointoiement adapté à l’extérieur. Sur une pierre ancienne posée à la chaux, un joint au ciment trop rigide finit souvent par fissurer, voire par faire éclater les bords de la pierre. On retrouve la même question de compatibilité des matériaux à l’intérieur, quand il s’agit de restaurer des tomettes anciennes.

Les joints de fractionnement, ces lignes souples qui découpent les grandes surfaces, ont aussi leur rôle. Ils absorbent la dilatation du dallage. Remplis de mortier par erreur, ou absents, ils laissent la terrasse se fissurer aux endroits les plus tendus.

Carreaux qui sonnent creux, fissures, dalles qui bougent

Tapoter le carrelage avec le manche d’un tournevis est un bon réflexe au printemps. Un carreau qui sonne creux n’adhère plus à son support. Il peut tenir encore longtemps, mais il finira par se fendre ou se soulever, et l’eau s’engouffrera dessous.

Un carreau isolé se remplace assez facilement si l’on dispose de pièces de rechange, d’où l’intérêt de conserver quelques carreaux après la pose. Quand plusieurs zones sonnent creux, ou que les fissures traversent à la fois les carreaux et les joints en suivant une ligne, le problème vient plutôt du support : dalle béton fissurée, remblai mal compacté, absence de joint de dilatation. Recoller les carreaux ne servira alors à rien tant que la cause n’est pas traitée.

Une terrasse posée au-dessus d’une pièce habitée, d’un garage ou d’une cave est un cas à part. Elle fait office de toiture, et une infiltration y traverse vers l’intérieur. Son entretien se rapproche alors de celui d’une toiture-terrasse avec son étanchéité, et les fissures se traitent avec plus de prudence.

Un calendrier simple

À l’automne, balayer les feuilles, contrôler les joints et la pente, dégager les évacuations et les caniveaux. C’est le moment de refaire les joints abîmés, avant les gelées.

En hiver, éviter le sel de déneigement sur la pierre naturelle et le béton, qu’il attaque en surface. Un sable fin ou un granulat antidérapant fait l’affaire.

Au printemps, faire le tour des dégâts du gel, sonder les carreaux et traiter les mousses. Sur une pierre poreuse ou un béton, l’application d’un hydrofuge de surface peut limiter les taches et l’absorption d’eau, à condition qu’il laisse respirer le matériau et qu’il soit compatible avec lui.

En été, un rinçage après les repas extérieurs et un nettoyage des taches dès leur apparition suffisent la plupart du temps.

Pour une terrasse en bois, les gestes sont très différents et font l’objet d’un article dédié sur la protection d’une terrasse bois.

Quand faire appel à un professionnel

Le nettoyage, le traitement des mousses et la reprise de quelques joints restent à la portée d’un particulier soigneux. Un affaissement visible, des fissures qui s’agrandissent d’une année sur l’autre, de l’eau qui entre dans la maison ou des infiltrations sous une terrasse sur local justifient en revanche un avis extérieur. Dans ces cas, il faut souvent reprendre le support plutôt que le revêtement, et un diagnostic évite de refaire une terrasse qui se dégraderait de la même façon quelques hivers plus tard.

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