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Prêt relais : acheter un bien à rénover avant d'avoir vendu le sien

2a Architecte
· 5 min de lecture
credit immobilier
Maison ancienne à vendre avec panneau devant la façade

Prêt relais : acheter un bien à rénover avant d’avoir vendu le sien

Trouver un bien à rénover qui correspond vraiment à ce que l’on cherche coïncide rarement avec le moment où son propre logement se vend. Le prêt relais existe pour combler cet écart, mais il repose sur une mécanique assez différente d’un crédit immobilier classique, et suppose d’anticiper ce qui se passe si la vente prend plus de temps que prévu.

À quoi sert un prêt relais

Le prêt relais permet d’emprunter par anticipation une partie de la valeur d’un bien encore possédé mais pas encore vendu, afin de financer l’achat d’un nouveau logement sans attendre la finalisation de la vente. Concrètement, la banque avance une somme correspondant à une fraction de la valeur estimée du bien actuel, remboursable en une fois lorsque la vente se conclut, plutôt que selon des mensualités classiques amortissant à la fois le capital et les intérêts.

Pendant la durée du prêt relais, seuls les intérêts sont généralement payés, ce qui limite la charge mensuelle par rapport à un crédit classique de même montant. Le capital, lui, est soldé au moment de la vente du bien mis en relais.

Le montant accordé dépend de l’estimation du bien à vendre

La banque ne prête jamais la totalité de la valeur estimée du bien actuel. Une quotité, en général entre la moitié et les trois quarts de la valeur estimée selon les établissements et le contexte du marché local, sert de base au calcul du montant accordé. Cette marge protège la banque, et l’emprunteur, contre le risque d’une vente qui se conclurait finalement à un prix inférieur à l’estimation de départ.

Une estimation trop optimiste du bien à vendre expose donc à un double risque : obtenir un prêt relais insuffisant pour financer l’achat visé, ou devoir compléter la différence par un apport plus important que prévu si la vente se conclut en dessous de l’estimation initiale. Une estimation réaliste, si possible confirmée par plusieurs avis de professionnels de l’immobilier, évite ce type de mauvaise surprise.

Un délai qui laisse le temps de vendre, pas d’attendre indéfiniment

La durée d’un prêt relais est encadrée dans le temps, le plus souvent sur douze mois, renouvelable une fois dans certains contrats pour atteindre vingt-quatre mois au maximum. Passé ce délai, si la vente n’a toujours pas eu lieu, la banque peut demander le remboursement du capital par d’autres moyens, ce qui place l’emprunteur dans une situation délicate si le bien ne trouve pas preneur.

Un bien difficile à vendre, que ce soit en raison d’un prix mal positionné ou d’un marché local ralenti, augmente ce risque de façon significative. Avant de s’engager, il est utile de regarder objectivement le délai de vente moyen constaté sur des biens comparables dans le secteur, plutôt que de se fier uniquement à l’estimation de valeur.

Intégrer les travaux du nouveau bien dans ce montage

Quand le bien acheté grâce au prêt relais nécessite lui-même des travaux, le financement de la rénovation peut être organisé de plusieurs façons. Certaines banques acceptent d’intégrer une enveloppe travaux dans le prêt relais lui-même, d’autres préfèrent la traiter séparément, notamment via un crédit affecté aux travaux débloqué en parallèle ou une fois la vente réalisée.

Le montage le plus courant reste toutefois d’attendre la vente effective de l’ancien bien pour financer les travaux du nouveau logement, en s’appuyant sur le capital libéré à ce moment-là plutôt que d’ajouter une charge de remboursement supplémentaire pendant la période de relais. Ce choix dépend surtout de l’urgence des travaux à réaliser et de la marge financière disponible entre-temps.

Les risques à anticiper si la vente tarde

Le principal risque d’un prêt relais tient dans le décalage entre la date prévue de vente et la date réelle. Un marché qui ralentit, une négociation qui échoue au dernier moment, ou un compromis qui tombe à cause d’une clause suspensive non levée côté acquéreur peuvent repousser la vente bien au-delà du délai initialement prévu.

Dans ce cas, l’emprunteur se retrouve à porter deux crédits en parallèle, celui du bien acheté et le relais adossé au bien encore à vendre, ce qui pèse rapidement sur le budget si la situation se prolonge. Certains vendeurs choisissent alors de baisser leur prix pour accélérer la transaction, une décision qui a elle-même un effet direct sur la valeur réellement récupérée à la revente.

Ce qu’il faut vérifier avant de signer

Avant de s’engager, il convient de vérifier la quotité exacte retenue sur la valeur du bien à vendre, la durée accordée et les conditions de renouvellement éventuel, ainsi que les modalités précises de remboursement anticipé une fois la vente conclue. Un courtier en crédit peut aider à comparer les offres de plusieurs établissements sur ces points, qui varient sensiblement d’une banque à l’autre.

Il est également utile de se renseigner sur les conséquences d’un premier refus, car un dossier de prêt relais mal préparé rencontre les mêmes types de difficultés qu’un dossier de crédit travaux classique, avec en plus la contrainte d’une estimation de bien qui doit convaincre la banque autant que le projet d’achat lui-même.

Ce qu’il faut retenir

Le prêt relais permet d’acheter avant de vendre, mais il repose sur une estimation réaliste du bien actuel et sur un délai de vente qu’il vaut mieux évaluer avec prudence plutôt qu’avec optimisme. Quand le nouveau bien nécessite des travaux, le moment choisi pour les financer, pendant le relais ou après la vente effective, mérite d’être discuté avec la banque dès le départ plutôt que d’être improvisé une fois l’achat conclu.

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